|
|
Mariage
Au Laos, le concubinage n'existe pas. Un
homme et une femme doivent se marier pour vivre ensemble maritalement.
Dans la majorité des groupes ethniques, notamment pour les Lao Loum et
selon la tradition, une jeune fille doit garder sa virginité jusqu'au
mariage. On dit que c'est en respectant cette tradition qu'un homme
prouve son amour envers une femme.
Une jeune fille ne sort pratiquemment jamais toute seule avec son petit ami. Elle est toujours accompagnée par un frère, une soeur ou ses amies. Aujourd'hui, cette tradition est encore respectée. Mais dans les grandes villes, certains jeunes de la nouvelle génération semblent l'ignorer. Au Laos, pour demander la main d'une jeune fille, la tradition et la manière diffèrent légèrement d'une région à une autre. Mais la base reste la même pour tous. Quand un homme et une femme s'aiment et veulent se marier, c'est toujours le garçon qui doit faire la démarche. Il envoie ses parents pour rencontrer ceux de la jeune fille. Ses parents demandent pour lui. Si les parents de la jeune fille sont d'accord, ils peuvent tout de suite discuter de la somme de la dot que le garçon devra payer le jour du mariage ; sinon, ils fixeront une autre date pour en discuter. Il y a des cas où les parents de la jeune fille ne veulent pas du garçon, ils peuvent demander une somme très (trop) importante qui signifie leur refus. Les Laotiens respectent le calendrier bouddhique qui indique que le meilleur moment pour se marier se situe dans la période qui précède le Carême, avant la saison des pluies.
LA LEGENDE
La légende dit que les amants sont prédestinés selon le nène (karma amoureux). Dans le ciel, un jardin merveilleux où chaque individu a un arbre dont les branches embrassent celle de l'âme soeur.
Quand le moment est arrivé, le couple prédestiné est envoyé sur terre, les poignets liés par un fil de coton mais le "vent des ciseaux qui coupe et vent des couteaux qui tranche" sépare les futurs conjoints qui vont alors renaître chacun de leur côté. Tout sa vie, l'individu va tenter de retrouver son ou sa partenaire prédestiné.
En réalité, le choix du conjoint relève souvent de la famille. Parfois, une mésalliance peut amener la mise au banc des amants.
Aujourd'hui dans les grandes villes, les jeunes ont de plus en plus de liberté sur leur vie amoureuse, ce qui n'est pas encore le cas à la campagne. Le mariage est toujours célébré autour d'un grand soukhouane et précédé par une sorte de petites fêtes de préparation qui durent 2 ou 3 jours. Cette préparation est appelée "Oun dong" et a lieu chez la mariée. La cérémonie de soukhouane se passe également chez la future mariée. Le future marié, accompagné de ses parents et amis, doit parlementer et offrir des cadeaux avant de franchir la porte. Le future marié doit également apporter une dot plus ou moins importante suivant sa situation et la négociation préalable avec la famille de la future mariée.
Cérémonie du Mariage
Cérémonie traditionnelle appelée le «Baci»Le Baci est une cérémonie par laquelle le bon peuple Lao, au milieu des sourires et des fleurs, manifeste sa joie de vivre et la générosité de son cœur. Il est organisé à toute époque de l'année.Par cette cérémonie, on formule les vœux de toutes sortes à l’enfant qui vient de naître, à la femme qui relève de couches, au malade qui vient de guérir, à l'homme qui va entreprendre un long voyage ou qui rentre dans son foyer. Il y a des Baci de Nouvel An et de Mariage, des Baci offerts aux hauts personnages de passage, aux amis qu'on retrouve ou aux fonctionnaires qui viennent d'obtenir une distinction honorifique : souhaits de bienvenue ou de bon voyage, de bonheur et de prospérité. Baci est un terme pompeux. Communément, il est appelé Soukhouane qui signifie appel et réception de l'âme; celle-ci est vagabonde et ne demande qu'à quitter le corps.... Le Phakhouane, placé au milieu de l'assistance, est un plateau contenant le repas de l'âme. Il est surmonté de coupes et de vases en argent sur lesquels sont piqués des cornets de feuilles de bananiers remplis de fleurs. Il contient en outre de l'alcool, des œufs, du poulet, des gâteaux, des cierges, des baguettes d'encens, des fils de cotons etc..... Lorsque les cierges sont allumés, l'officiant s'adresse aux divinités tutélaires, les invitant à assister au repas et à présider la cérémonie.La tradition admet que les trente-deux parties de notre corps possèdent chacune un « Khouan », une âme. L'officiant appelle les Khouan : l'âme noyée dans les rivières ou dans les brouillards, l'âme tombée dans un trou ou égaré dans les forêts, sur les montagne, dans les mares...Quand les Khouan sont rentrés, il faut les retenir. Pour cela, on les attache avec les liens de cotons que l'on noue aux poignets de la personne dont les âmes ont réintégré le corps. Ces fils porte-bonheur doivent être gardés la plus longtemps possible. Un homme n’est au meilleur de sa forme, physiquement ou moralement, que lorsque tous les khouan demeurent à leur place normale. Ces forces peuvent quitter le corps de leur propre gré et agissent, dans ce cas, comme des esprits doués d’une volonté et non comme de simples forces. Ils ont, alors, tendance à vagabonder et partager la vie des phi et des autres créatures peuplant le monde surnaturel, s’exposant ainsi à bien des dangers. Ils peuvent également quitter le corps d’un individu lorsque ce dernier tombe malade, est victime d’un accident ou est, tout simplement, pris d’une grande peur. Il est donc normal, quand une personne arrive à un moment critique, ou à un point tournant, marquant son existence ou lorsque sa vie est, ou vient d’être mise, en danger, de faire le rituel du soukhouan afin d’assurer que le bénéficiaire est redevenu un être complet et équilibré, apte à faire f ace à son avenir. Lorsque l’assistance s’est assise autour du ba khouan (plateau garni d’offrandes), l’officiant débute la récitation des formules rituelles par des invocations aux Trois Joyaux (Bouddha, Dhamma, Sangha) et aux divinités tutélaires prébouddhiques. Viennent, ensuite, les formules priant les khouanes de regagner leur habitat normal, à venir profiter des offrandes : “Venez, o khouan bien-aimés, vous qui êtes partis servir les (divinités) célestes, Et vous, qui êtes retenus dans les profondeurs de l’enfer Aveci ! Ne demeurez pas ainsi au pays des phis ! Ne demeurez pas dans les monts et les bois ! Venez à la maison prendre votre part de riz sur le plateau ! Venez à la maison prendre votre part de poisson dans la coupe ! Venez à la maison et puisez l’eau de la cuvette ! Venez, o khouan demeurant dans la jungle; méfiez-vous des phi phon ! O khouan qui demeurez dans les champs, craignez que les buffles ne vous encornent ! O khouan qui demeurez sur les hauteurs, craignez que les termites ne grimpent sur vous ! O khouan demeurant dans les arbres, redoutez les bêtes sauvages ! Venez, o khouan ! Lorsque vous serez parvenus dans les champs, ne butez pas sur les touffes d’herbe ! Quand vous aurez atteint les rizières, ne vous heurtez pas aux souches de riz ! ” Les khouanes ayant été invités à recevoir les offrandes, l’officiant récite, alors, des formules extravagantes qui se résument en des voeux de longévité, de prestige, de bonheur, de force, de fidélité. Ces voeux sont accompagnés par la ligature d’un fil de coton autour du poignet des bénéficiaires et des membres de l’assistance par l’officiant.
Les participants échangent entre eux des voeux formalisés par le pratique du phuk khen. La ligature du poignet, effectuée selon les normes rituelles, fixe symboliquement les khouan au corps d’une personne dont on retire, par ce même geste, les mauvaises influences tout en y faisant entrer les bonnes. |
|